Esquisse Théorique Brève pour un Cours Magistral de Thérapie par le Groove
- soleirene
- 14 déc. 2025
- 6 min de lecture
(Brief Theoretical Outline for a Groove Therapy Masterclass)
Riabikov Vadim https://www.grooveproject.fr/
Co-rapporteur Irina Andryushchenko Basquin
1. Thérapie de la Résonance Interactive (TRI)
La Thérapie de la Résonance Interactive (TRI) intègre trois dimensions : la thérapie par le groove, la résonance archétypique, et la résonance ontologique.
Elle vise à restaurer la cohérence entre le corps, l’esprit et la structure profonde de la réalité.
La thérapie par le groove constitue la base physiologique et rythmique : elle induit un rebond vagal et établit une résonance neuro-viscérale contrôlée, préalable à toute forme d’intégration supérieure.
La résonance archétypique réorganise le vécu émotionnel et symbolique, tandis que la résonance ontologique aligne l’être humain avec les rythmes sémantiques et structuraux du réel.
Sans résonance neuronale, il est impossible d’éliminer le brouillard mental et d’atteindre la clarté intérieure.
Sans alignement archétypique et ontologique, la résonance reste instable et s’effondre facilement.
La TRI crée donc une architecture de résonance multi-niveaux — du corps à la signification — pour permettre une cohérence durable et une vitalité renouvelée.
2. Les États du Nerf Vague
Selon la théorie polyvagale (Stephen Porges), le nerf vague régule hiérarchiquement les réponses de survie et de socialisation :
Le vague dorsal : immobilisation, effondrement, engourdissement émotionnel, retrait social.
Le système sympathique : combat, fuite, agitation, vigilance excessive.
Le vague ventral : calme, sécurité, ouverture relationnelle, engagement social.
La thérapie par le groove rétablit le tonus vagal ventral grâce à la synchronisation rythmique du souffle, du mouvement et du son, permettant le retour à une présence incarnée et à une connexion sociale sécurisée.
3. Stress Chronique et Dégénérescence Neuronale
Le stress chronique maintient un taux élevé de cortisol, ce qui bloque l’expression de la protéine BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), indispensable à la synaptogenèse et à la neurogenèse.
Sans BDNF, le cerveau ne peut ni créer ni réparer ses connexions.
Le cortisol en excès provoque également une atrophie dendritique dans l’hippocampe, entraînant des troubles de la mémoire, de la créativité et de la régulation émotionnelle.
À long terme, l’organisme tombe sous la domination du vague dorsal, marquée par la fatigue, l’isolement et l’anesthésie émotionnelle.
Le stress chronique devient ainsi un processus neurodégénératif, contraire à la fonction adaptative du système nerveux.
4. Groove et Restauration Neuronale
Le groove déclenche des poussées de dopamine, qui débloque le gène du BDNF et rouvre la voie à la plasticité neuronale.
Il augmente également la sérotonine (stabilité, humeur) et l’ocytocine (confiance, lien social), tout en réduisant le cortisol.
En groupe, ces effets se multiplient par résonance : les vagues d’ocytocine renforcent la cohésion, la sécurité et la joie partagée.
Sur le plan évolutif, le plaisir de la synchronisation rythmique fut le mécanisme biologique qui assura la cohésion et la survie des groupes humains.
5. Fonction Évolutive du Groove
À mesure que le cerveau humain devint plus complexe, son activité spontanée produisit davantage de bruit neuronal.
Le groove apparut comme un métronome stabilisateur, une structure externe capable de réduire le chaos interne.
Il restaure la cohérence fonctionnelle entre les circuits sensoriels, moteurs et émotionnels, favorisant la perception claire et la coopération.
Le groove n’est donc pas un divertissement, mais une technologie biologique et culturelle de cohérence.
6. Sources du Bruit Neuronal
Les principales sources de bruit sont :
1. Synaptique – activité aléatoire des connexions neuronales.
2. Métabolique – stress oxydatif, déséquilibre énergétique.
3. Neuronal – désynchronisation des rythmes cérébraux.
4. Systémique – inflammation, déséquilibre du système autonome.
5. Mental – pensées intrusives, ruminations, surcharge cognitive.
Le groove offre un rythme externe stable qui permet au système nerveux de se réaccorder et de réduire l’entropie interne.
7. Formes Turbulentes et Schémas Autonomes
Lorsque le bruit neuronal devient excessif, il peut s’auto-organiser en boucles autonomes.
Ces formes turbulentes ont été décrites dans plusieurs traditions :
Bion : les « objets étranges » — condensations psychiques attirant l’énergie mentale.
Jung : les « complexes » — noyaux émotionnels autonomes gouvernant le comportement.
Lacan : les « boucles signifiantes » — vortex linguistiques enfermant le sujet dans la répétition.
Ces structures ne sont pas liées aux besoins humains authentiques : ce sont des attracteurs chaotiques qui poussent à des actes absurdes ou destructeurs.
Sur le plan anthropologique, on les retrouve dans les phénomènes de possession, d’hystérie ou de contagion psychique, qui menacent la viabilité des communautés.
8. Le Groove comme Antidote Évolutif
Le groove agit comme un mécanisme anti-entropique : il restaure la phase de synchronisation entre le cerveau, le corps et l’environnement.
En dissolvant les boucles turbulentes, il réduit le chaos et ramène le système à la cohérence.
C’est une technologie biologique de résonance, utilisée depuis des millénaires pour réaligner l’humain avec le rythme de la vie.
9. Le Continuum de la Résonance Neuronale
Les états humains peuvent être disposés le long d’un axe de résonance :
1. Transcendance — unité, extase, conscience élargie.
2. Flow — immersion créative, cohérence profonde.
3. Clarté stable — vigilance calme, lucidité.
4. Brouillard mental — baisse de conscience, lenteur.
5. Ruminations / procrastination — pensées circulaires, inertie.
6. Burn-out — épuisement, cynisme, désengagement.
7. Compulsion / intrusion — perte de contrôle, répétition.
8. Fragmentation / effondrement — panique, dissociation.
La thérapie par le groove vise à remonter cet axe vers les états de cohérence et de clarté.
10. Intégration Apollinienne et Dionysiaque
Chez Nietzsche, le principe apollinien représente la forme, la mesure et la contemplation, tandis que le dionysiaque incarne l’extase, la fusion et la vitalité.
Mircea Eliade voyait dans le dionysiaque le retour au flux vital primordial et dans l’apollinien l’ordre sacré qui lui donne sens.
Sur le plan physiologique, l’apollinien correspond à l’activation du vague ventral (clarté, régulation), tandis que le dionysiaque évoque la libération sympathique ou dorsale (puissance, effusion). Leur union engendre une clarté extatique. Nietzsche écrivait : « La nature atteint sa plus haute transfiguration seulement lorsque ces deux impulsions œuvrent de concert. » La thérapie par le groove incarne cette union : une extase disciplinée.
11. Le Groove comme Pratique Neuro-Viscérale
Respirer, se balancer, vocaliser (du gémissement au chant) sur un rythme régulier entraîne des poussées de dopamine, d’oxytocine et de sérotonine, déclenchant le rebond vagal et la réactivation du BDNF. Le cerveau commence à restaurer ses connexions endommagées. Cette régénération exige du temps et une pratique répétée : le groove reprogramme peu à peu l’organisme pour associer le rythme à la sécurité et à la vitalité.
12. De la Résonance Neuronale à la Résonance Ontologique
Lorsque la résonance neuro-viscérale devient stable, elle s’étend au plan archétypique et ontologique.
Le système nerveux s’accorde alors avec les structures profondes du sens et de la réalité.
L’humain entre en syntonie avec le rythme du Logos — la pulsation même de l’être.
Vivre en résonance, c’est participer activement à l’ordre vivant du monde ; vivre dans le bruit, c’est s’en détacher et dépérir.
13. Stress, Cortisol et Groove
Le stress chronique = cortisol élevé, BDNF bloqué, atrophie dendritique.
Le groove = dopamine, BDNF réactivé, neurogenèse.
La répétition est essentielle : seule une pratique régulière recrée la cohérence.
En groupe, l’ocytocine amplifie encore la réduction du cortisol.
Le groove devient ainsi une boucle vertueuse biologique : plaisir → confiance → réparation → stabilité.
14. Traumatisme, Gel et Isolement Social
Le traumatisme active le vague dorsal, provoquant un état de gel, de dissociation et de retrait.
La personne se sent anesthésiée, coupée d’elle-même et des autres.
Le but du groove thérapeutique est de stimuler des poussées de dopamine, de sérotonine et d’ocytocine pour relancer la vitalité et rétablir la connexion sociale.
Quand le rythme revient, la vie revient avec lui.
15. Pratique du Groove Thérapeutique
Le groove peut être pratiqué seul ou en groupe.
Individuellement : mouvements rythmiques, balancements, sons (du soupir au chant), synchronisés sur un battement constant (métronome, tambour, drone).
En groupe : amplification de la résonance par la synchronisation émotionnelle.
Cette pratique répétée reprogramme la réponse au stress et restaure la stabilité vagale.
16. Vaccination contre le Stress par le Groove
Des recherches récentes montrent que le traumatisme interrompt le couplage entre les rythmes thêta de l’hippocampe (intégration contextuelle lente) et les rythmes gamma du cortex (traitement rapide et conscient).
Lorsque ce couplage est rompu, la mémoire se fragmente : le passé envahit le présent.
L’objectif thérapeutique est de réaligner les rythmes thêta et gamma pour permettre l’intégration du souvenir.
Cela requiert la réactivation des éléments sensoriels du trauma (images, sons, odeurs, saison, température, vent, lumière, etc.), mais seulement après le rétablissement de la résonance neuro-viscérale.
La thérapie par le groove crée une forme sonore algorithmique associée au contexte traumatique et la présente pendant l’état de résonance.Dans cet état cohérent, le cerveau peut enfin traiter l’information auparavant insupportable.
L’expérience traumatique perd son pouvoir sur le présent et devient mémoire intégrée, c’est-à-dire histoire.

1.Santé: Les sursauts gamma passent en douceur à thêta → séquence claire.
2.Perturbation (traumatisme) : Sursauts gamma dispersés → images intrusives/incontrôlables.
3.Réadaptation thérapeutique (sillon, mouvement + cognition) : Le gamma se réaccorde à thêta, mais plus doucement → le rythme et l'intégration sont rétablis.
Références :
eLife (2024) – Hippocampal theta–gamma coupling disruption
Journal of Neurophysiology (2023) – Theta–gamma changes after mTBI
Current Opinion in Neurobiology (2024) – Theta–gamma coupling and memory integration


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